Mlle
X est une étudiante qui, pour pouvoir payer ses études, n'a pas trouvé d'autre moyen que de se prostituer via internet. Le journal l’Union raconte
aujourd’hui son histoire. Je tenais à vous en faire part aujourd’hui car ce phénomène de prostitution d’étudiant(e) s’amplifie chaque année.
Sarah*, tout juste 21 ans, étudie dans une faculté
rémoise depuis un an et demie. Elle ne reçoit aucune bourse et ses parents ne peuvent l'aider financièrement. Un petit job à temps partiel lui permet de se nourrir et de payer ses charges
mensuelles. Pour le reste, fournitures scolaires, carte de bus ou autres dépenses, cette jeune fille se prostitue via Internet.
« Je n'ai
pas le choix. Même si je me dégoûte, c'est la seule solution que j'ai trouvée. N'allez pas croire que je fais cela tous les jours, c'est juste deux ou trois fois par mois… » Elle n'emploie jamais
le mot prostitution et ne veut pas quémander. Quant à ses parents, ils pensent que son salaire est plus élevé. « C'est dur de leur mentir, mais comment expliquer à des parents que leur fille fait
ce genre de truc ? Ce n'est pas de leur faute. Si j'en parle aujourd'hui, c'est pour que les gens sachent que ça existe. ».
Sarah dispose d'un vieil ordinateur et d'une
connexion internet. Elle ne laisse ni annonce, ni numéro de téléphone et se balade sur des chats, des forums de rencontre. De fil en aiguille, elle trouve des clients, qu'elle appelle des « mecs
». « C'est simple : je parle avec des mecs sur des chats et si je vois qu'ils accrochent, je leur donne mon adresse MSN. Ensuite, on discute, et s'ils sont intéressés,
je les reçois chez moi. »
Elle n'a pas un physique de top model, mais n'est
pas laide pour autant. Ses tarifs, elle en parle difficilement et les justifie de manière étonnante. « Je sais que je ne suis pas Cindy Crawford, alors je ne peux
pas demander trop cher. Le plus que j'ai demandé, c'est… » Elle hésite et, après réflexion, finit sa phrase. « Je vous donne une fourchette : entre 50 et 100 euros. ».
Sarah cherche un autre emploi, mieux payé que son
petit job pour arrêter sa double vie. «
Il faut que je trouve. Même si c'est plusieurs petits boulots, je prendrai, car depuis que je fais ça, je n'ai plus de vraie vie sociale. J'évite d'aller
voir mes parents et question petit ami, pour le moment, je me sens trop sale. Ma priorité, c'est mes études. » (*Sarah prénom
d’emprunt)
Identifier tous les prostitué(e)s étudiant(e)s sur notre agglomération est impossible. Seule une amélioration de l’information sur les
structures de notre agglomération, sur les permanences d’aide sociale qui viennent en aide aux étudiants précaires, permettrait de sauver quelques
un(e)s de cette spirale. Une information relayée par les associations d’étudiants, dans les établissements universitaires, par les services
municipaux, ainsi qu’à l’entrée de magasins d’alimentations limitrophes des établissements. (Fabrice Lopez)